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Je suis né le 14 avril 1971 à Fort-de-France en Martinique, dans une île française, comme la Guadeloupe, située dans la Caraïbe. J'ai grandi dans le centre rural de cette petite île, dans la commune du Saint-Esprit, là où se pratique la monoculture de la banane vouée à l'exportation vers la France, vers l'Europe. J'ignorais, comme ma famille, mes voisins et la plupart des Martiniquais et des Guadeloupéens que la terre, l'eau des rivières, puis la mer, étaient en grande partie imbibées d'un pesticide de la famille du DDT : le CHLORDECONE. J'ignorais que le CHLORDECONE avait été interdit aux Etats-Unis en 1975 : une catastrophe écologique survenue en Louisiane avait dévoilé au public ce toxique à la mortelle formule. J'ignorais que le C10Cl10O n'avait été interdit par la France qu'en 1990, quinze ans après. J'ignorais que le C10Cl10O avait été épandues dans nos îles jusqu'en 1993, trois années après l'interdiction en France avec pour argument qu'il n'existait pas d'alternatives à ce pesticide pourtant hautement cancérigène. J'ignorais que la Martinique avait le plus fort taux de cancer de la prostate au monde. J'ignorais que le C10Cl10O, classé Polluant Organique Persistant restait actif et mortel des dizaines d'années et peut-être des centaines, rendant les terres et mers polluées en partie impropres aux cultures vivrières, et à la pêche. Notre dépendance au produits alimentaires importés déjà extrême, n’en ai que savament renforcée. Les Bananes mangées en Europe ne contiennent aucune traces de C10Cl10O. Le CHLORDECONE ne se retrouve que dans la terre où le bananier a tiré sa force : en Martinique et en Guadeloupe. Débarquent des Cargos-Bananiers dans les ports d’Europe le jaune immaculé, le sourire débridé, l'exotisme à croquer de ces starlettes warholiennes. De l’autre côté de l’Atlantique, dans mon île poubelle, se repaissent les toxiques à l’impunité sans bornes, dans nos îles poubelles, les décennies sous perfusion CHLORDECONE.


Jean-François Boclé, manifeste d’artiste, Gallery Nomad, Bruxelles, 2010

































                                             

































































































LE 2 MAI - NOUS AVONS PARCOURU L’ESPACE DE LA DYNAMO ET PARLÉ DE SON HISTOIRE, UNE ANCIENNE USINE DE TOILE DE JUTE. FRANÇOISE RACONTE LE LIEN ENTRE LA COLONIE ET L’INDUSTRIALISATION EN FRANCE. ICI IL Y AVAIT UN FERAILEUR ET ENSUITE L’USINE. LU’SINE RÉPARAIT LES TOILES DE JUTE. LE JUTE EST MILÉNAIRE, ON FAISAIT DE LA CORDE, DU PAPIER, DU FIL. C’EST UNE PLANTE AUX PROPRIÉTÉS EXTRAORDINAIRES, UNE DES FIBRES LES PLUS SOLIDES AU MONDE. PUIS, NOUS SOMMES RENTRE.E.S D’UN SEUL CORPS DANS LA DYNAMO COMME UNE FAÇON DE DIRE NOUS SOMMES ICI ET NON PAS AILLEURS. LE 2 MAI, NOUS NOUS SOMMES PEU À PEU DEMANDÉ CE QUE RÉPARER SIGNIFIAIT. CHACUN.E À NOTRE TOUR NOUS AVONS DISCUTÉ DE CE QUE NOUS SAVIONS RÉPARER OU NE PAS RÉPARER PUIS CE QUI ÉTAIT RÉPARABLE ET IRRÉPARABLE, DES CORPS AUX PSYCHÉS, AUX HISTOIRES. NOUS AVONS PARLÉ DE CORPS FÉMININ, D’ÊTRE VICTIME, DE LA JUSTICE ANTICARCÉRAEL. RUTH WILSON GILMORE ET OLIVIER MARBOEUF ON ENSUITE ÉLABORÉ SUR ZOOM DANS LA GRANDE SALLE UNE RENCONTRE. THÉO NOUS ENVERRA QUELQUES JOURS PLUS TARD, LA CHANSON CI-DESSOUS DE ABEL LIMA ET LESSOFAS QUI PARLENT DE L’EXPLOITATION DES PERSONNES MIGRANTES. NOUS PARLONS CHACUN.E D’UN CENTRE DIFFÉRENT ET TENTONS UNE RENCONTRE, NOUS TISSONS DES FILS MULTIPLES ET NOUS HEURTONS.












































































































                   




             




















Qu’est ce que je sais réparer? Concrètement?
Machine, vélo, meuble, vêtements, livres, blessures…?
Qu’est-ce qui nous paraît irréparable?
Qu’est-ce que nous souhaiterions réparer?
Quel savoir avons-nous des politiques de réparation
que les opprimés ont développées ?
De quelle réparation nous sentons-nous responsable?
Et que nous nous sentons capables d’accomplir?

























































































































17 avril 2021••What pathways in the pandemic ?••Decolonial repair••Repair: form of artistic resistance.••Japanese bowl – golden repair••In every repair, there is something irreparable –fragmentation, partiality, irreparability••Repair: not a return to what was, but a new space. ••Reparation as slow temporality••Kader Attia••Power of dreaming: at the origin of much thinking••Time relation with consciousness••Music is an accumulation of hindrance of silence ••Immaterial and psychic injuries••Viral pandemic and pandemic of psychological distress: material uncertainty••Decolonising the psyche••Oxymoron (Work he did a few years ago)••Mental illnesses in modern psychiatry••White psychiatrists in Africa: “the locals have no unconscious (always happy)”!!!••that’s because they don’t try to understand the social structure ••Artwork as a machine that slows time: anti immediacy ••Françoise Vergès••Get Mad, Fight Back••Othered people are getting precarised••Women and marginalised lives••Far right politics••Economy of exhaustion••Humanity crises••“The age of men” since 1492: European presentation of the human••What is irreparable?••Violence as a response of some? •• Heteropatriarchy and imperialism••Consider the entangled temporality of repair •• Past: wasted body and wasted land••Present••Future: threat to the life of future generations: no childhood right (not universal)••Temporality of urgency and temporality of healing••The present: not the contemporary – a position, a field of practice No history of one’s own archive •• “Survival is not an academic tool” Audre Lorde••The Master’s house••Racial capitalo-scene ••White women as accomplices of white men in the colony••Migrants: not victims, but true adventurers of the 21st century••Camille Scholl: Les damnées de la mer ••Gore capitalism: Sayyak Valencia••Police violence••Exhaustion is endemic to capitalism ••Inventing collective thought and practice••Create something ••Achille Mbembé ••Computational world today: fully implicatedness and inequalities••Planetary world Computational and planetary come together in a way that transmute our living •• Computational world: dream: when it is completely achieved, no need for repair.••Replaced by replacement.••End of the need for repair••Fiction: no abolishing of risk and calamity but generate calamities: from the powers of the earth, th

e seas••Desire for borders: not to face the need for repair••Belief that a portion of humanity will survive by moving to another stage of political evolution: artificial nervous system••Emigration to some other planet: and leave this damaged earth behind us••Rather than engaging in the work of repair, just leave it.••Dream of an automated organisation of the world: manufacture of a new subject: synthetic and electronic assemblage and neurological assemblage.•• Techno-libertarianism•• Another paradigm of government: not the biopolitical paradigm: only partly ••Government by capture: by continuous annexation of life forms. ••Mutant powers. ••Bodies of flesh, viruses, etc.